Montée de lait plus qu’analyse…
“Without doubt, Ian Paice has assured his place in the drummers' hall of fame.” Drummerworld
J’aime le rock. Je n’ai guère eu l’occasion de vous parler de cette passion maladive, omniprésente et omnipotente dans mon univers. Reste que voilà, le riff d’Hendrix sur All along the watchtower ou celui de Page sur Babe I’m gonna leave you sont pour moi des moments de bonheur. Voyez, là tout de suite, je me mets Led Zep, juste à en parler…
Bref, j’aime le rock. Je tente malgré mon âge avancé… non, non, inutile… je sais que je ne les fais pas… mais je soutiens : mon âge avancé…, bref, je tente de ne pas me déconnecter et je continue à coup de Modest mouse, de Hot Hot Heat, de Fratellis et de Rolling Stones de suivre les nouveaux courants.
J’aime le rock, répété-je. Sous différentes déclinaisons, certes, dans la mesure où ça rock minimalement. Le point central est là.
Stylus Magazine vient de sortir un top 50 des meilleurs batteurs rock de l’histoire. Son Top 10 se décline ainsi…
10. Bernard Purdie (batteur de session, pas associé à un groupe en particulier)
9. Moe Tucker (Velvet Underground)
8. Stewart Copeland (Police)
7. Topper Headon (The Clash)
6. Dave Grohl (Nirvana)
5. Stephen Morris (Joy Division/New Order)
4. Charlie Watts (Rolling Stones)
3. Jaki Liebezeit (Can)
2. Keith Moon (The Who)
1. John Bonham (Led Zeppelin)
Ce top 10 est délirant. Il témoigne à mes yeux de la méconnaissance du drum par les critiques alternatifs. Christ! Velvet Underground et Clash dans le panthéon de la batterie. Ces types in et branchés ont concocté un top 50 en fonction de la musique qu’ils aiment, non pas en fonction de l’importance et/ou de la virtuosité du batteur.
- Oui, mais Moon et Bonham ?
- Pfff! Seulement pour nous enfoncer leurs choix merdiques dans la gorge.
- Le rôle du batteur ne consiste pas seulement à tapocher des tambours et des cymbales.
- Oui, justement à consiste strictement en cela. Et c’est comme ça, à coup de cymbales et tambours tapochés qu’on établit un rythme.
- Oui, mais au-delà de la virtuosité, il y a la technique, et une maitrise de cette technique, le beat.
- Non. Tout cours élémentaire de batterie est axé sur la technique… Le grand batteur invente, réinvente, repense, transmet.
Ian Paice de Deep Purple, Carl Palmer d’ELP qui ne sont pas dans le top 50!, Neil Peart de Rush, Bill Bruford de Yes sont des maîtres essentiels. Il faut écouter Space Trucking de Deep Purple, Heart of the Sunrise de Yes, 2112 de Rush, il faut avoir entendu The kids are alright de Who et voir la place immense de Moon…
Le rock drum a été inventé dans les années 70, fin 60 à la rigueur… Depuis on peaufine. Stephen Morris n’a rien d’un maître, c’est un bon élève, à la rigueur. Ce qui n’enlève rien à Joy Division, comme le fait que Topper Headon ou Ringo Starr ne soient pas des drummers importants ne change en rien au fait qu’ils faisaient partie de groupes essentiels, et ce, bien plus qu’un Ian Paice.
On parle de rockdrummers, pas de groupes vachement branchés pour « l’élite mélomane » de Stylus ou Pitchfork.
Prenez la prestation de Phil Collins dans Foxtrot… C’est ce que la batterie apporte à la pièce, c’est ce mélange de virtuosité, de créativité, d’art… C’est ce dont il doit être question ici. Moe Tucker devant Bill Bruford !
Sacrement…
