mercredi, février 21, 2007

Critique
Plus une répétition qu'un écho



Echo Park de Michael Connelly

Les lecteurs de polars... non, je reprends... Nous, les lecteurs de polars, avons de ces personnages mythiques qui nous accompagnent pendant des années. D'Hercule Poirot à Kenzie et Gennaro, ils deviennent réels au point d'en devenir une responsabilité pour leur auteur. Rappelons la crise qu'avait suscitée la mort de Sherlock Holmes aux mains de Moriarti. Bon. Toujours est-il qu'Harry Bosch de Connelly est un personnage qui dépasse son auteur et Connelly doit désormais écrire ses aventures. Répondant à cette obligation, il nous a donné en 2006 Echo Park.
Le nouveau lecteur de Connelly, disons celui qui commencerait avec The Closers, en aurait pour son compte. Le roman est bien ficelé, Bosch est réel et les personnages secondaires ont le minimum de consistance requise. Revirement final approprié, déchirements, méchant à la Hannibal Lecter, ça va. Ca peut être plaisant.
Mais pas pour le lecteur assidu de Connelly, ce n'est plus suffisant. L'idée de base: faire casquer un tueur en série pour un meurtre de plus en échange de la vie, de l'exemption de la peine de mort, cette idée-là est bonne mais son traitement est franchement décevant.
De vieux personnages reviennent -on ne sait pourquoi et n'apportent rien au rythme du roman.
Je l'ai dévoré en 24 heures ou à peu près. Sa plume coule comme d'habitude, on est accroché. Mais même selon les critères du poisson, je ne suis pas certain qu'un ver goûte bon.
Bref, pour nous, amateurs de polars, ce livre est du McDonald's fait par un grand chef. Ca bourre mais ça ne goûte rien. quand on sait ce que ce type peut cuisiner, on reste sur notre faim, pas à peu près.
Le retour du Rouquin.

Après des semaines épuisantes où mon corps las fut balotté de ci de là, après d'exténuantes aventures et de palpitantes péripéties et après avoir vu des aubes pâles en des états de rares et méditatives grâces, bref, avoir comme vous vécu car voilà, il faut bien vivre, me voilà de retour.

Émus et attendris, libérés du poids de l'anxiété, en un long soupir de soulagement, je vous entends dans un murmure extatique, susurrer enfin.

Et je dis: heureux lecteur! N'aie plus crainte, non. Je ne te serai plus infidèle...

Du moins, jusqu'à la prochaine infidélité.