vendredi, décembre 01, 2006




Fantasy chromatique
De 10 à 6

Le fantasy est un genre particulièrement apprécié par les nerds, geeks et autres bollés. Reste qu’au-delà des Dungeons & Dragons, des Bicolline et des cartes de Magic, il implique la création d’un monde imaginaire, des récits de fraternité, d’accomplissements et des quêtes. Homère peut être considéré comme le canevas sur lequel se genre s’est bâti. Il serait franchement nul de ne pas l’explorer, d’autant que des auteurs extraordinaires nous ont offert des textes essentiels. Mettez un tape entre le verre de vos lunettes et quittez ce morne réel. Bienvenue en Fantasia.

10-Lewis Carroll


Le père d’Alice. Créateur d’un univers étrange où cohabitent bourreaux, lapin en retard, chapelier fou, où absurde, poésie, humour se côtoient. Littérature enfantine parfois, adulte toujours dans un autre univers. Lewis Carroll appartient à la Fantasy. Il en a les attributs et les règles. Bref, Alice a sa place et Lewis est un bâtisseur.

9-Susanna Clark

Entre Lewis Carroll et Jonathan Swift, je place Susanna Clark alors que je termine à peine ce bouquin magique. Gaiman trouve que c’est ce qu’il y a eu de mieux depuis Tolkien, je suis en désaccord mais c’est magistral. Les guerres napoléoniennes et deux magiciens anglais. Un vieil emmerdeur et un jeune bourgeois, un peu dickensien, un peu Jane Austen : C’est. Très. Bon. Le livre s’intitule Jonathan Strange et Mr Norrell, fortement recommandé. Cette bonne femme qui vient de sortir un nouveau bouquin risque de devenir une référence, un classique.

8-Jonathan Swift



Les voyages de Gulliver, l’Odyssée à l’Irlandaise. Une critique de son temps, certes mais une épopée délirante surtout. De Liliput à Laputa, Gulliver propose une satire de la société fascinante, révélatrice, géniale.

7-J.K. Rowling

La raison qui justifie la popularité universelle du petit sorcier de Poudlard est très simple : il est le héros de bons livres dans lesquels les personnages sont bien brossés, tangibles. Les intrigues sont surprenantes et crédibles. Je me méfie d’ailleurs de quelqu’un qui, après avoir lu Harry Potter, dit ne pas y être attaché. Ces livres sont des hommages à l’amitié et à la loyauté. N’en déplaise à Benoît XVI, Harry défend des valeurs fondamentalement chrétiennes. Dans le bon sens…

6-G.R.R. Martin

Au Nord, le Mur. Au-delà de celui-ci… Qui irait au-delà ? Cette présence du Mur qu’on retrouve dans plusieurs bouquins du genre (Tolkien, Williams, etc.) n’a cependant jamais connu de meilleure, de plus éloquente vision que celle proposé par Martin. En outre, il a réussi à intégrer une dimension (des dimensions) politique qui prend souvent le pas sur la dimension épique qui est l’apanage de la Fantasy. Martin propose une multitude de personnages complexes et vivants. On pourrait s’y perdre mais on est trop fort! T’as pas réussi à me mêler mon G.R. Ca commence avec le Trône de fer et ça ne finira jamais!

30 ans du Mi.

C'est à 30 ans que les femmes sont belles, dit le poète. Les hommes, eux ? Bof! Bref, le Mi a 30 ans et je dis qu'on dit bonne fête au Mi et je vous dis d'aimer le Mi. Love Mi Do, comme diraient les petits gars de Liverpool.
Nouvelles histoires extraordinaires

Mon top 5 des écrivains de romans historiques.

5-Walter Scott



D’Ivanhoé à Rob Roy, Scott est le père du roman historique. Son œuvre monumentale a enrichi la littérature universelle et bien des soirs de lecture, dans mon cas. Robin des Bois –et d’ailleurs, profitez en donc pour lire le Robin des Bois de Dumas, tant qu’à y être, c’est Erroll Flynn…- est une des nombreuses figures mythiques que Scott a rendu de façon éclatante. Mais il est moins in aujourd’hui, on ne parle plus de Scott, plus suffisamment du moins. Reste qu’il faut lire ses classiques et que Scott en est un. Hugo et Dumas s’en sont réclamés sans le faire rougir, je crois.

4-Marguerite Yourcenar

Première femme à l’Académie française, la plus Immortelle des Immortels si vous voulez mon avis. Avec deux romans, l’œuvre au noir et les Mémoires d’Hadrien, elle « littérarise » le roman historique avec une plume délirante et délicieuse. Elle nous montre à quel point notre langue est belle. Comme je ne l’ai plus lu depuis longtemps, j’ai failli l’oublier, la perdre de vue. Pourtant, soyez certains qu’elle est bien là, dans les plus grandes, là haut.

3-Michel Folco

Avez-vous lu Folco ? L’univers rarissime de Folco (avec chance, un livre aux sept ans) nous parle d’entêtement dans tout ce qu’il y a de tête de cochon, de solidarité et d’individualité. Folco nous fait aimer les bourreaux, putain! Faut le faire. Il nous parle de Bastille et d’amitié avec les rats, de liens avec les loups, de nez de bois. Lire Folco comme un présent, une récompense, un pied de nez. Lire Folco comme une subversion, une désobéissance. Et puis goûter la vie.

2-Arturo Perez Reverte

Je lui dirais à Arturo qu’il a de la graine de Dumas et il serait heureux, je crois. On commence avec son Club Dumas et son Tableau du maître flamand, roman à énigme sympathique et puis on découvre le Capitaine Alastriste et là, on trippe et puis son maître d’escrime qui est un peu l’ébauche d’Alatriste. Et puis ça y est, on est sous le charme. Cet amoureux de Barcelone –il faut que j’aille à Barcelone- vous étourdira.

1-Bernard Cornwell


Pour moi, Cornwell est le plus grand romancier historique de notre temps. Point. Ses romans sont accrocheurs et instructifs, ses personnages, attachants et réels, sa vision fascinante. Il éduque, il divertit, il est trop fort. Il ne mérite peut-être pas la première place de mon top 10, trop d’honneurs pour lui, eh bien! Fi! Je la lui donne. Courez lire Cornwell. Quoi ? Vous êtes encore là ? Courez, vous dis-je. Demandez Le Roi de l’Hiver à votre libraire et revenez me remercier.