mardi, novembre 21, 2006

Histoire extraordinaire I

(10 à 6)

Le roman historique mérite vachement d'être revisité. C'est fou comme il y a place à l'imagination dans les grands moments de l'homme. Voici quelques écrivains qu'il faut lire.

10-Manuel Vasquez Montalban


La raison qui justifie que Montalban soit si haut dans cette liste est que je n’ai lu de lui qu’un seul roman historique en tant que tel. Un roman magistral, d’ailleurs. Montalban est le père de Pepe Carvalho et fait dans le polar. Excellents polars qui ont failli faire ma liste du Cercle polar. Il a écrit une série de romans antifranquistes et ce livre, Ou César ou rien, qui raconte les Borgia. C’est quelque chose, comme dirait Mario Lemieux. Ca mérite amplement la dixième place.

9-Patrick O’Brian

O’Brian, c’est le Capitaine Aubrey. De l’histoire maritime. On s’en lasse après un temps (Ne faites pas comme moi et n’en lisez pas dix de suite) mais le temps que le plaisir dure, on entre dans l’univers des guerres napoléoniennes et on a ben du fun. Les personnages sont vieillots voire conservateurs mais restent attachants et les livres sentent le large. Ça vaut la peine.

8-Bjorn Larsson

C’est un faux roman historique basé sur un vrai roman d’aventure que le roman qui justifie la présence de Larsson dans ce top. Long John Silver est une réponse à l’Île au trésor de Stevenson. J’ai lu les deux consécutivement et c’est ce que je vous recommande de faire. L’expérience est hallucinante. L’écriture est lumineuse, enjouée, foncièrement humaine. Une relecture merveilleuse.

7-Umberto Eco

Bon, Eco. Un peu pêteux, disons. Culturé. Tu le lis avec l’impression que tu ne sais rien, qu’il est là pour te le rappeler, lui qui sait toutte. Ce qui est moins vrai pour Baudolino, son dernier roman. Reste que le Pendule de Foucault est un roman monstre, un trait de génie, et que le Nom de la Rose est un super thriller historique. Reste que ses essais comme la Guerre du Faux se lisent comme des romans et que finalement, ce type est très fort. Mais il fait chier quand même avec ses allusions érudites. Et puis avec Eco, Dan Brown peut aller se rhabiller.

6-Alexandre Dumas


Lui ne devrait pas être coté. A force de se faire raconter des histoires par Dumas, on finit par s’attacher plus à l’auteur qu’aux livres eux-mêmes. C’est le cas pour Dumas. Ou c’est mon cas à moi. Des Mohicans de Paris aux Mémoires d’un médecin, des Quarante-Cinq aux Trois Mousquetaires, je vous fais le pari, trouvez-moi un moment que vous passerez avec ce type à vous emmerder. En ce qui me concerne, Dumas est mon ami. Et si je reconnais ses défauts, j’en viens à les aimer.

jeudi, novembre 16, 2006

Cercle polar II

Revenons aux choses importantes... Les cinq grands gagnants sont (roulement de tambour.)... L'enveloppe:
5- Henning Mankell
Écrivain suédois magistral qui aurait pu se retrouver en quatrième et même en troisième position si l'ordre des traductions n'était pas si chaotique (Mankell est devenu populaire à l'extérieur de son pays quelque part entre son cinquième et son huitième roman, ce qui fait qu'on ne sait jamais lorsque sort un de ses bouquins où il se situe...), son inspecteur baby boomer qui s'interroge sur sa propre vie et sur l'état de la Suède au fil de ses enquêtes est un des personnages les plus attachants et réels que la littérature policière nous ait offert. Les tâtonnements d'une enquête, les faussses pistes, les réunions, nous sommes ici vraiment dans ce que les Anglais appellent le "police procedural" et on en redemande. Brillant, humain, efficace. De courtes phrases donnent une tristesse à la forme. On la ressent.
4- Michael Connelly
Harry Bosch. Troisième écrivain de Los Angeles de ce top 10 après Chandler et Crais, Connelly a créé un des personnages les plus trippants de la littérature policière. Si quelques uns de ses romans sont moins bons, on attend toujours avec impatience la joie de retrouver Harry Bosch. De loin, le type le plus cool du genre. A lire. Parallèlelement, le Poète, un roman où ne figure pas Bosch est un polar comme les polars doivent être écrits. Et puis, on sent son admiration pour Ellroy...
3- Ian Rankin
John Rebus. Après Bosch, il y a Rebus. Ian Rankin a les forces de Connelly et de Mankell réunis, c'est-à-dire la capacité de créer des personnages réels et attachants de Connelly et la capacité de dépeindre une société avec ses enjeux, ses choix, son avenir comme Mankell le fait pour la Suède. Rankin est Écossais et l'Écosse est un des personnages les plus importants et imposants de son oeuvre, à l'exception de ses premiers romans qui nous font découvrir Rebus. Rankin est un grand.
2- Dennis Lehane
Lehane se sert de deux détectives, Kenzie et Gennaro, qu'on a peu vu d'ailleurs au cours des dernières années. Personnages particulièrement efficaces encore une fois, comme tous ceux des autres écrivains de cette liste, les détectives de Lehane sontBostoniens et l'action se situe dans l'ensemble au Massachussetts. Bien écrit, humain, les romans de Lehane se dévorent littéralement. Il a écrit deux romans "stand alone" Shutter Island et Mystic River qui sont aussi tous deux exceptionnels. Ce type a de l'avenir, les potes.
1- James Ellroy
Le roi fou. Le sanguinolent et sadique, le maître de la noirceur de l'âme. Ellroy. Les romans de James Ellroy relèvent peu du policier; ils sont un voyage dans la laideur de l'être, dans la douleur, dans tout ce qu'elle a de grand et de vil. Ellroy est un grand écrivain qu'il faut lire, question d'explorer la souffrance. Des livres comme "Le grand nulle part", "Un tueur sur la route" et "Le daliah noir", pour n'en nommer que quelques uns, vous transforment littéralement. Obligatoire.

mardi, novembre 14, 2006

Cercle polar

Un top 10 d'auteurs policiers à lire. (10 à 6)

Pourquoi n'y a-t-il pas de femmes dans ce top 10 ? Euh... répondrai-je.

Ce qu'il faut lire de polars.

10-Raymond Chandler



Le lire en français traduit par Boris Vian. Son Philip Marlowe est l'archétype même du détective privé cynique. Avec Dashell Hammet, Chandler a créé le polar tel qu'il s'écrit encore aujourd'hui. Mordants, vieillots, un peu puckés, les romans de Chandler ont vécu et au-delà des intrigues, des personnages amers qui modèleront les héros et les méchants à venir.
9- Robert Crais
On se fout un peu de Robert Crais. Celui qu'on aime, c'est Elvis Cole et son pote Joe Pike, un dur, ce Joe. Ce qu'on aime de cet auteur, c'est l'humour qui arrive juste avant la tension, ce qu'on aime de cet écrivain de la Côte Ouest, encore!, c'est des intrigues ficelées pas tirées par les cheveux... Sinon très rarement et qui nous touchent directement. Un écrivain sous-estimé qu'on découvre avec plaisir. A goûter.
8- James Lee Burke
Il y a quelque chose de droite, un relent républicain, dans James Lee Burke. Son Dave Robichaux, alcoolique abstinent, peut énerver un peu. Il s'occupe de sa fille, il est sans compromis, nettement moins drôle qu'Elvis Cole. Et pourtant, on en lit un puis deux deux puis dix. Et ce type devient réel, tangible... C'est comme ces connaissances qu'on a qui nous tape mais qu'on a malgré nous le besoin de voir de temps en temps. De loin, celui que j'aime le moins mais parmi ceux dont je peux le moins me passer. Comme du fast food intelligent.
7- Caleb Carr
Ah! L'aliéniste et, dans une moindre mesure, L'Ange des ténèbres. Dans le New York de la fin du XIXe siècle, un médecin et son improbable équipe enquêtent sur des meurtres particulièrement écoeurants. Mais bon, on s'en fout. Ce qui nous intéresse, c'est l'univers, le dépaysement, la faculté de Carr à nous faire voyager dans le temps. Bien écrit, dans mon cas, du moins, bien traduit, ces deux romans ont été un plaisir égalé seulement par la frustration suscitée par l'absence de suites. Il nous en faut pourtant un autre!
6-David Peace
Écrivain britannique, auteur de la série allant de 1974 à 1983, David Peace a une noirceur macabre, une lourdeur, une souffrance... Putain, c'est pas rose... On ne rigole pas avec ce mec et personne ne s'en sort vivant ou à peu près. Il y a ces écrivains qui inventent des vies, Peace inventent des morts. C'est lourd, c'est brillant. Ce type ne peut être comparé qu'à Ellroy. Appelé à monter dans mon top 10 au fil des ans, s'il continue comme ça.
De la volatilité des "Top 10" et autres compils.
"Ton top 10 des meilleurs groupes métal ? De même, vite, vite." qu'il dit, mon chum.
"Vite, vite... C'pas facile, attends une minute. Euh... Y a Maiden, Sabbath... Laisse moi réfléchir." Et comme de fait, me voilà, angoissant à l'idée d'omettre bien malgré moi, ce groupe génial qui a marqué ces années florissantes de découvertes par-dessus découvertes. Et j'hésite, vous comprendrez. Parce que les Top 10 et autres compils, c'est vachement variable.
Règlons tout de suite une question, si vous voulez qu'on s'entende ici. Et si on ne s'entend pas là-dessus, je vous inviterai à foutre le camp et à ne plus revenir. Ouste, du vent...
Tsé, ces phrases: "A chacun ses goûts" ou "Des goûts et des couleurs, on ne discute pas."
Ces phrases qui signifient que tout se vaut, on s'entend un moment donné que c'est de la bullshit. On s'entend que ce n'est que vaines tentatives de justifier qu'il y en a là, dehors, qui trippent sur des affaires poches.

Tout ça pour dire en gros que je ferai au fil des jours, des semaines ou des mois, selon que ça me tente ou pas, de joyeuses compilations de mes trucs préférés. On pourra -et je souhaite qu'on le fasse- remettre en question des choix boiteux, s'il y en a.

Bref, ces tops 10, tops 5 ou tops 25 sont des photographies de goûts qui s'inscrivent dans le temps et deviennent obsolètes très rapidement.

Volatiles comme l'oie sauvage dans le ciel gris d'automne. Je dis ça parce qu'il pleut, là, tout de suite.

vendredi, novembre 10, 2006

Comme un mot de bienvenue
Certes, d'emblée et puisqu'il le faut, je reconnais que ceci n'est pas un événement... un avènement, tout au plus, et minimal de surcroit, mais bon! me voilà.
Et c'est toujours ça de gagné.
Le désormais accessible rouquin, c'est moi. Le roux qui cale à vrai dire.
Ce blogue, mon blogue à moi, le blogue auquel je pourrai bientôt faire référence en disant: "comme je disais sur mon blogue" ou "je crois que j'en parlerai sur mon blogue", apparaît magiquement sur la toile.
Toile anarchique où traînent pêle-mêle, images de vedettes toute nues, pensées géniales de l'humanité, recettes d'osso bucco et pools de hockey, toile qu'on voudrait contrôler mais qu'on ne contrôle pas, cafouillis, ramassis et salmigondis, toile délirante. Toile à laquelle moi, mouche rousse, vient d'être prise.
Bienvenue chez nous. Dans mes goûts roux.
Dans mes trips de musique, mes colères franchement saines contre la bêtise humaine -dont vous comprendrez, je suis exclus, ouf!-, dans mon univers de rigolade et d'humour glacé et sophistiqué, dans mes profondes réflexions qui caressent la révélation mystique. Dans mes critiques pertinentes offrant une perspective rafraichissante sur le cinéma, la télévision, la musique, les livres et les jeux vidéos. Dans mes pamphlets incendiaires contre l'insensibilité néolibérale et la froideur du mercantilisme ô combien déplorable pour notre société qui a plus que jamais besoin d'amour... Putain, faut qu'on s'aime!
Bref, de l'action en perspective. Me reste juste à écrire.
Le Vilain rouquin.