jeudi, janvier 15, 2009

Mon idole

Hier, j’ai perdu à jamais quelqu’un que j’adorais : ma petite fille de neuf ans. Et ce matin, au lever, est apparue celle de dix ans. Je ne l’ai pas rencontrée encore. Mais je me demande bien comment elle pourra faire pour accoter la petite Milou de neuf ans qui ne reviendra plus.

Quand on est grand, les anniversaires sont des jours qui se suivent de plus en plus rapidement et qui disent peu sur nous. A 30 ans comme à 40, on est à peu près la même personne mais quand on est petit, c’est tout autre chose.

Ma Milou de 3 ans n’existe plus, elle a fait place à un autre enfant qui, à son tour, a pris la place d’un troisième. Et ainsi de suite.

Chacun d’eux m’a donné des jours de délice, de joie, de fierté.

Milou de neuf ans, c’est mon idole. Et Dieu que j’en ai connu des gens bien, mais Milou, elle est dans une classe à part. Le fait de la connaître me rend fier. Elle a pris tout ce qu’il y a de bien en moi et l’a monté d’un cran, elle est meilleure que moi. Milou, putain! Ma princesse, elle est trop.

Mon Pou, il vous le dira.

Et ce sens de l’humour, et cette tendresse, et cette bonté.

Il y a dans les légendes du Roi Arthur l’histoire d’un chevalier (j’hésite entre Perceval et Lancelot) qui aurait vu le Graal mais ne s’en serait pas rendu compte et serait reparti.

Ceux qui passent près de Milou doivent prendre leur temps : il faut la regarder, l’écouter, attendre qu’elle se dévoile.

Et puis l’illumination Milou.

Milou, c’était mon idole. Elle avait neuf ans mais là, elle en a dix et le défi incroyable d’être aussi bien qu’elle ne l’était. J’ai pas de doute.

Quand le Pou et Milou sont ensemble, une équipe, rien ne peut les arrêter.

Ca me dit que l’humanité a des chances, qu’il y a peut-être un sens à tout cela.

Et ça me dit que la beauté existe.
En ce jour de Milou, un mot pour les deux.

-Eh p'pa? qu'il me dit.

Et moi, en père attentif, à l'autre bout du fil, je lui réponds:

-Quoi ? (qui, bien que succincte, est une réponse absolument appropriée à "Eh p'pa".)

-J'm'ennuie.

Paf! Comme un coup de poing, comme un coup de marteau dans un miroir. Le coeur en mille morceaux.

-Je m'ennuie aussi, mon pou.

Et j'implore le temps qui passe:

Fais moi une bedaine, enlève moi tout ce qui me reste de cheveux, du con, creuse mes rides et empêche moi de bander si tu veux.

Mais que mes enfants m'aiment toujours comme ils m'aiment maintenant. Et que mes enfants, mes magiques enfants, me comblent comme ils me comblent.

Ô mes amours, ô mes soleils de ma vie, ô mes joies, ô mes sens!

Je ne vous dirai jamais assez ma reconnaissance.

vendredi, septembre 26, 2008

Vachement cool, ce Pou.

Dites donc, les mecs et les poulettes, je vous ai parlé du Pou ?

Le pou, le Wonder Pou, c’est mon pote. Mais pas n’importe quel pote, oh que non. Moi, je vous parle de ce type de pote avec qui on peut parler musique et nanas, avec qui on peut se promener en forêt, se taper une partie de Rockband 2, manger un gros steak sur le barbecue et se poser des questions sur le sens de la vie.

- Toi, tu penses quoi du réchauffement climatique ? Pourquoi tu crois pas en Dieu ? Aimes-tu ça, Pantera ?

Le Pou, c’est quelqu’un. Moi, des types fortiches, j’en connais des masses, mais pas fortiches comme le Pou. Lui, s’il a un problème sur les épaules, il le garde pour lui, il veut pas qu’on s’inquiète. Il y a juste un peu de fatigue dans les yeux. Alors que nous, on voudrait bien lui enlever un peu de ce poids. Vous savez ce qu’on dit sur le bonheur partagé et le malheur partagé… Quoi ? Vous savez pas ? On dit… putain, faut tout que j’explique… « Un malheur partagé est un demi malheur, un bonheur partagé est un double bonheur. » Bref, je voudrais bien que le Pou le dise quand ça ne va pas et même quand ça va. Entre potes, il devrait pas y avoir de secret. Ou, du moins, pas trop.

Mais bon, le Pou, il est comme ça. Et puis la musique… C’est fou, ce qu’il aime la musique, ce type. Led Zep, bien sûr, les Stones, évidemment, Sabbath, encore. Bref, les classiques. Mais il s’intéresse aussi aux années du Hair Metal, de Van Halen à Bon Jovi, de Warrant à Twisted Sister, il se tape sans problème Kansas, Aerosmith, Guns n Roses et AC DC. Il trépigne à l’écoute des Killers, des Red Hot, de Franz Ferdinand, des White Stripes ou des Fratellis. Il se tape quarante ans de rock sans problème.

Le Pou, évidemment, n’aime pas que la musique. N’aime pas que le rock, d’ailleurs. Il s’intéresse à la géographie, au cinéma, aux gens, au sens des choses, à la vie, à sa sœur.

Je ne vous ai pas parlé de la sœur du Pou, de la Milou. Je ne vous ai pas dit comme ces deux-là peuvent être chouettes et qu’à deux, ils nous font savoir qu’au fond, l’humanité a encore des chances d’être bien. Qu’on est pas foutus et que l’espoir est permis.

Le Pou a 12 ans, je le connais assez bien, c’est mon pote. C’est mon fils…tre. Et il est vachement cool, ce pou.

mardi, octobre 09, 2007

Fantasy chromatique
De 5 à 1 finalement...

5- Robin Hobb

L’histoire de Fitz, bâtard du prince Chevalerie appelé à devenir l’assassin royal. Roman épique et initiatique qui commence à l’enfance de Fitz et qui se poursuit jusqu’à sa maturité. La série de l’Assassin est extraordinaire. Le Vif et l’Art résonnent encore à mon esprit. J’éprouve au souvenir de ses romans lus il y a quatre ou cinq ans une sorte de tendresse nostalgique que je vous souhaite. Il nous faut –à nous lecteurs- cet étrange sentiment de tristesse lorsqu’on quitte des personnages. C’est ce qui nous arrive avec Hobb. Ce qui en fait de la foutue bonne littérature.

4- Tolkien

On ne s’attardera pas indéfiniment sur Tolkien. Tout le monde le connaît. Et ce qui peut surprendre ici c’est qu’il ne soit pas premier. Ce n’est pas compliqué, il vieillit mal. «Objection! Objection! », vous entends-je crier. -Objection rejetée. Ça sent le catholique des années 40. C’est pudibond. Mais en même temps, c’est Tolkien, putain! C’est obligatoire! C’est Bilbot, Gandalf, Frodon, Grand-Pas, Tom Bombadil. Il faut lire Tolkien, c’est trop! Reste que ça vieillit quand même.

3- Tad Williams

L’Arcane des Épées. L’écrivain ex-chanteur punk qui fait dans la fantasy. Je lisais, quand je l’ai lu, un bouquin de Martin, un de Hobb et un de Williams, en alternance. C’est lui, je crois, qui m’a le plus marqué. (Faut croire, sinon je ne l’aurais pas mis au troisième rang…) Une des rares séries que j’ai l’intention de relire.

2- Neil Gaiman

Tout ce qu’il a touché m’a fait tripper. C’est clair? Ceci étant, ce qui est fascinant chez cet auteur, c’est qu’il dégage, il transpire le rock. C’en est musical. Il y a de la distorsion, du rythme, du head-banging. Et faire ça, les potes, avec de la littérature… Chapeau bas! Il est fort. Son univers est délirant, délicieux. C’est le Jimmy Page de la Fantasy. C’est contemporain, c’est intemporel. C’est le portrait de nous, aujourd’hui et n’importe quand. Bénissez le Seigneur qu’il croise votre chemin. Gaiman. Yeah!

1- Guy Gavriel Kay

Sinon sa première série, les romans de Kay sont à la frontière de la Fantasy et du roman historique. Tigane raconte l’Italie, Une chanson pour Arbonne, la France et ainsi de suite, c’est le Moyen-âge à la sauce mythologique et c’est de la fantasy minimaliste. La plume de Kay en anglais est très belle et au Québec, grâce à la traduction d’Élizabeth Vonarburg, nous ne perdons pas au change. Kay est immense, sous-estimé, un géant. Pas aussi spectaculaire que Gaiman, mais premier de classe, c’est certain.

Je reviens sur Kay, après avoir lu la Mosaïque sarantine, roman sur lequel j'ai bretté pendant un an, lisant inlassablement les premières pages, et doutant, je l'avoue, d'apprécier cette histoire jusqu'à ce que, magie!, je m'y immerge et que je trippe là, mais comme un malade. Roman bienveillant, généreux, riche de portraits de femmes superbes et grandioses. Bref, c'est gigantesque.

jeudi, août 16, 2007


Pourquoi Stylus est dans le champ.

Montée de lait plus qu’analyse…

“Without doubt, Ian Paice has assured his place in the drummers' hall of fame.” Drummerworld


J’aime le rock. Je n’ai guère eu l’occasion de vous parler de cette passion maladive, omniprésente et omnipotente dans mon univers. Reste que voilà, le riff d’Hendrix sur All along the watchtower ou celui de Page sur Babe I’m gonna leave you sont pour moi des moments de bonheur. Voyez, là tout de suite, je me mets Led Zep, juste à en parler…

Bref, j’aime le rock. Je tente malgré mon âge avancé… non, non, inutile… je sais que je ne les fais pas… mais je soutiens : mon âge avancé…, bref, je tente de ne pas me déconnecter et je continue à coup de Modest mouse, de Hot Hot Heat, de Fratellis et de Rolling Stones de suivre les nouveaux courants.

J’aime le rock, répété-je. Sous différentes déclinaisons, certes, dans la mesure où ça rock minimalement. Le point central est là.

Stylus Magazine vient de sortir un top 50 des meilleurs batteurs rock de l’histoire. Son Top 10 se décline ainsi…

10. Bernard Purdie (batteur de session, pas associé à un groupe en particulier)
9. Moe Tucker (Velvet Underground)
8. Stewart Copeland (Police)
7. Topper Headon (The Clash)
6. Dave Grohl (Nirvana)
5. Stephen Morris (Joy Division/New Order)
4. Charlie Watts (Rolling Stones)
3. Jaki Liebezeit (Can)
2. Keith Moon (The Who)
1. John Bonham (Led Zeppelin)

Ce top 10 est délirant. Il témoigne à mes yeux de la méconnaissance du drum par les critiques alternatifs. Christ! Velvet Underground et Clash dans le panthéon de la batterie. Ces types in et branchés ont concocté un top 50 en fonction de la musique qu’ils aiment, non pas en fonction de l’importance et/ou de la virtuosité du batteur.

- Oui, mais Moon et Bonham ?
- Pfff! Seulement pour nous enfoncer leurs choix merdiques dans la gorge.
- Le rôle du batteur ne consiste pas seulement à tapocher des tambours et des cymbales.
- Oui, justement à consiste strictement en cela. Et c’est comme ça, à coup de cymbales et tambours tapochés qu’on établit un rythme.
- Oui, mais au-delà de la virtuosité, il y a la technique, et une maitrise de cette technique, le beat.
- Non. Tout cours élémentaire de batterie est axé sur la technique… Le grand batteur invente, réinvente, repense, transmet.

Ian Paice de Deep Purple, Carl Palmer d’ELP qui ne sont pas dans le top 50!, Neil Peart de Rush, Bill Bruford de Yes sont des maîtres essentiels. Il faut écouter Space Trucking de Deep Purple, Heart of the Sunrise de Yes, 2112 de Rush, il faut avoir entendu The kids are alright de Who et voir la place immense de Moon…

Le rock drum a été inventé dans les années 70, fin 60 à la rigueur… Depuis on peaufine. Stephen Morris n’a rien d’un maître, c’est un bon élève, à la rigueur. Ce qui n’enlève rien à Joy Division, comme le fait que Topper Headon ou Ringo Starr ne soient pas des drummers importants ne change en rien au fait qu’ils faisaient partie de groupes essentiels, et ce, bien plus qu’un Ian Paice.

On parle de rockdrummers, pas de groupes vachement branchés pour « l’élite mélomane » de Stylus ou Pitchfork.

Prenez la prestation de Phil Collins dans Foxtrot… C’est ce que la batterie apporte à la pièce, c’est ce mélange de virtuosité, de créativité, d’art… C’est ce dont il doit être question ici. Moe Tucker devant Bill Bruford !

Sacrement…

Je dépompe pis je vous reviens...



mardi, juillet 31, 2007

Critiques croisées

Le vent soufflait mes pellicules

Je déteste ces titres nuls à la Voir et autre journal pseudo-tendance qui ont l’habitude déplorable de me stimuler la défécation. Mais bon! Comme je suis seul à me lire, on s’en balance. Ceci étant, deux livres énormes se côtoient aujourd’hui et je recommande vivement leur lecture. Pas nécessairement à la suite mais dans une période rapprochée, disons. Le premier est l’Ombre du vent de Carlos Ruis Zafon. L’histoire d’un jeune Espagnol en quête d’un auteur méconnu et énigmatique sous fond franquiste.

Il faudra un jour reconnaître à Franco sa contribution à la littérature, le remercier pour les Montalban, les Mendoza, les Perez-Reverte… Bref, Zafon nous plonge aussi dans cette époque sordide, en extirpe et ses ténèbres et sa lumière.

Mais l’intérêt du roman ne réside pas que là. Zafon crée un écrivain imaginaire, Julian Carax, et nous présente l’obsession d’un jeune lecteur pour celui-ci. Le livre est brillant. Je ne veux pas m’attarder sur l’histoire… Écoutez, Zafon a ce qu’il faut de moraliste, il y a des phrases dans ce bouquin, d’un justesse… Et qui ne défont pas l’intrigue. Non, vraiment, c’est à lire…

On aura compris qu’intentionnellement je ne vous ai rien dit tout comme je ne dirai rien de la conspiration des ténèbres de Theodore Roszack.

Sinon, qu’encore une fois, les Français… foutus Français… ont cette habitude, navrante, -navrante, navrante, navrante habitude- de réinventer les titres. En anglais, ce bouquin s’appelle Flicker, en français, la conspiration des ténèbres… De quoi tu parles ?

Ca me rappelle la trilogie des Mayfair d’Anne Rice. Le premier livre s’intitulait « The Witching hour « traduit en « Le Lien maléfique ». Le deuxième « Lasher » fut traduit en « L’heure des sorcières ». Quelqu’un a du dire : Aille! C’était bon « The witching hour », pourquoi on a changé le titre ? – C’est pas grave, on se reprendra sur le deuxième.

Bref, Flicker (la conspiration des ténèbres) est la quête d’un jeune cinéphile à la recherche d’un réalisateur mythique, Max Castle. Un peu la même base que l’Ombre du vent, mais plus disjonctée, plus Américaine, plus conspiration. Une histoire de Cathares, de messages subliminaux.
Des rencontres avec des Orson Welles... L'âge d'or du cinéma. La passion du cinéma.

Je vous implore. Contentez-vous de ces recommandations sans plus. Lisez ces bouquins. Remerciez-moi.



mercredi, février 21, 2007

Critique
Plus une répétition qu'un écho



Echo Park de Michael Connelly

Les lecteurs de polars... non, je reprends... Nous, les lecteurs de polars, avons de ces personnages mythiques qui nous accompagnent pendant des années. D'Hercule Poirot à Kenzie et Gennaro, ils deviennent réels au point d'en devenir une responsabilité pour leur auteur. Rappelons la crise qu'avait suscitée la mort de Sherlock Holmes aux mains de Moriarti. Bon. Toujours est-il qu'Harry Bosch de Connelly est un personnage qui dépasse son auteur et Connelly doit désormais écrire ses aventures. Répondant à cette obligation, il nous a donné en 2006 Echo Park.
Le nouveau lecteur de Connelly, disons celui qui commencerait avec The Closers, en aurait pour son compte. Le roman est bien ficelé, Bosch est réel et les personnages secondaires ont le minimum de consistance requise. Revirement final approprié, déchirements, méchant à la Hannibal Lecter, ça va. Ca peut être plaisant.
Mais pas pour le lecteur assidu de Connelly, ce n'est plus suffisant. L'idée de base: faire casquer un tueur en série pour un meurtre de plus en échange de la vie, de l'exemption de la peine de mort, cette idée-là est bonne mais son traitement est franchement décevant.
De vieux personnages reviennent -on ne sait pourquoi et n'apportent rien au rythme du roman.
Je l'ai dévoré en 24 heures ou à peu près. Sa plume coule comme d'habitude, on est accroché. Mais même selon les critères du poisson, je ne suis pas certain qu'un ver goûte bon.
Bref, pour nous, amateurs de polars, ce livre est du McDonald's fait par un grand chef. Ca bourre mais ça ne goûte rien. quand on sait ce que ce type peut cuisiner, on reste sur notre faim, pas à peu près.
Le retour du Rouquin.

Après des semaines épuisantes où mon corps las fut balotté de ci de là, après d'exténuantes aventures et de palpitantes péripéties et après avoir vu des aubes pâles en des états de rares et méditatives grâces, bref, avoir comme vous vécu car voilà, il faut bien vivre, me voilà de retour.

Émus et attendris, libérés du poids de l'anxiété, en un long soupir de soulagement, je vous entends dans un murmure extatique, susurrer enfin.

Et je dis: heureux lecteur! N'aie plus crainte, non. Je ne te serai plus infidèle...

Du moins, jusqu'à la prochaine infidélité.

vendredi, décembre 01, 2006




Fantasy chromatique
De 10 à 6

Le fantasy est un genre particulièrement apprécié par les nerds, geeks et autres bollés. Reste qu’au-delà des Dungeons & Dragons, des Bicolline et des cartes de Magic, il implique la création d’un monde imaginaire, des récits de fraternité, d’accomplissements et des quêtes. Homère peut être considéré comme le canevas sur lequel se genre s’est bâti. Il serait franchement nul de ne pas l’explorer, d’autant que des auteurs extraordinaires nous ont offert des textes essentiels. Mettez un tape entre le verre de vos lunettes et quittez ce morne réel. Bienvenue en Fantasia.

10-Lewis Carroll


Le père d’Alice. Créateur d’un univers étrange où cohabitent bourreaux, lapin en retard, chapelier fou, où absurde, poésie, humour se côtoient. Littérature enfantine parfois, adulte toujours dans un autre univers. Lewis Carroll appartient à la Fantasy. Il en a les attributs et les règles. Bref, Alice a sa place et Lewis est un bâtisseur.

9-Susanna Clark

Entre Lewis Carroll et Jonathan Swift, je place Susanna Clark alors que je termine à peine ce bouquin magique. Gaiman trouve que c’est ce qu’il y a eu de mieux depuis Tolkien, je suis en désaccord mais c’est magistral. Les guerres napoléoniennes et deux magiciens anglais. Un vieil emmerdeur et un jeune bourgeois, un peu dickensien, un peu Jane Austen : C’est. Très. Bon. Le livre s’intitule Jonathan Strange et Mr Norrell, fortement recommandé. Cette bonne femme qui vient de sortir un nouveau bouquin risque de devenir une référence, un classique.

8-Jonathan Swift



Les voyages de Gulliver, l’Odyssée à l’Irlandaise. Une critique de son temps, certes mais une épopée délirante surtout. De Liliput à Laputa, Gulliver propose une satire de la société fascinante, révélatrice, géniale.

7-J.K. Rowling

La raison qui justifie la popularité universelle du petit sorcier de Poudlard est très simple : il est le héros de bons livres dans lesquels les personnages sont bien brossés, tangibles. Les intrigues sont surprenantes et crédibles. Je me méfie d’ailleurs de quelqu’un qui, après avoir lu Harry Potter, dit ne pas y être attaché. Ces livres sont des hommages à l’amitié et à la loyauté. N’en déplaise à Benoît XVI, Harry défend des valeurs fondamentalement chrétiennes. Dans le bon sens…

6-G.R.R. Martin

Au Nord, le Mur. Au-delà de celui-ci… Qui irait au-delà ? Cette présence du Mur qu’on retrouve dans plusieurs bouquins du genre (Tolkien, Williams, etc.) n’a cependant jamais connu de meilleure, de plus éloquente vision que celle proposé par Martin. En outre, il a réussi à intégrer une dimension (des dimensions) politique qui prend souvent le pas sur la dimension épique qui est l’apanage de la Fantasy. Martin propose une multitude de personnages complexes et vivants. On pourrait s’y perdre mais on est trop fort! T’as pas réussi à me mêler mon G.R. Ca commence avec le Trône de fer et ça ne finira jamais!

30 ans du Mi.

C'est à 30 ans que les femmes sont belles, dit le poète. Les hommes, eux ? Bof! Bref, le Mi a 30 ans et je dis qu'on dit bonne fête au Mi et je vous dis d'aimer le Mi. Love Mi Do, comme diraient les petits gars de Liverpool.
Nouvelles histoires extraordinaires

Mon top 5 des écrivains de romans historiques.

5-Walter Scott



D’Ivanhoé à Rob Roy, Scott est le père du roman historique. Son œuvre monumentale a enrichi la littérature universelle et bien des soirs de lecture, dans mon cas. Robin des Bois –et d’ailleurs, profitez en donc pour lire le Robin des Bois de Dumas, tant qu’à y être, c’est Erroll Flynn…- est une des nombreuses figures mythiques que Scott a rendu de façon éclatante. Mais il est moins in aujourd’hui, on ne parle plus de Scott, plus suffisamment du moins. Reste qu’il faut lire ses classiques et que Scott en est un. Hugo et Dumas s’en sont réclamés sans le faire rougir, je crois.

4-Marguerite Yourcenar

Première femme à l’Académie française, la plus Immortelle des Immortels si vous voulez mon avis. Avec deux romans, l’œuvre au noir et les Mémoires d’Hadrien, elle « littérarise » le roman historique avec une plume délirante et délicieuse. Elle nous montre à quel point notre langue est belle. Comme je ne l’ai plus lu depuis longtemps, j’ai failli l’oublier, la perdre de vue. Pourtant, soyez certains qu’elle est bien là, dans les plus grandes, là haut.

3-Michel Folco

Avez-vous lu Folco ? L’univers rarissime de Folco (avec chance, un livre aux sept ans) nous parle d’entêtement dans tout ce qu’il y a de tête de cochon, de solidarité et d’individualité. Folco nous fait aimer les bourreaux, putain! Faut le faire. Il nous parle de Bastille et d’amitié avec les rats, de liens avec les loups, de nez de bois. Lire Folco comme un présent, une récompense, un pied de nez. Lire Folco comme une subversion, une désobéissance. Et puis goûter la vie.

2-Arturo Perez Reverte

Je lui dirais à Arturo qu’il a de la graine de Dumas et il serait heureux, je crois. On commence avec son Club Dumas et son Tableau du maître flamand, roman à énigme sympathique et puis on découvre le Capitaine Alastriste et là, on trippe et puis son maître d’escrime qui est un peu l’ébauche d’Alatriste. Et puis ça y est, on est sous le charme. Cet amoureux de Barcelone –il faut que j’aille à Barcelone- vous étourdira.

1-Bernard Cornwell


Pour moi, Cornwell est le plus grand romancier historique de notre temps. Point. Ses romans sont accrocheurs et instructifs, ses personnages, attachants et réels, sa vision fascinante. Il éduque, il divertit, il est trop fort. Il ne mérite peut-être pas la première place de mon top 10, trop d’honneurs pour lui, eh bien! Fi! Je la lui donne. Courez lire Cornwell. Quoi ? Vous êtes encore là ? Courez, vous dis-je. Demandez Le Roi de l’Hiver à votre libraire et revenez me remercier.

mardi, novembre 21, 2006

Histoire extraordinaire I

(10 à 6)

Le roman historique mérite vachement d'être revisité. C'est fou comme il y a place à l'imagination dans les grands moments de l'homme. Voici quelques écrivains qu'il faut lire.

10-Manuel Vasquez Montalban


La raison qui justifie que Montalban soit si haut dans cette liste est que je n’ai lu de lui qu’un seul roman historique en tant que tel. Un roman magistral, d’ailleurs. Montalban est le père de Pepe Carvalho et fait dans le polar. Excellents polars qui ont failli faire ma liste du Cercle polar. Il a écrit une série de romans antifranquistes et ce livre, Ou César ou rien, qui raconte les Borgia. C’est quelque chose, comme dirait Mario Lemieux. Ca mérite amplement la dixième place.

9-Patrick O’Brian

O’Brian, c’est le Capitaine Aubrey. De l’histoire maritime. On s’en lasse après un temps (Ne faites pas comme moi et n’en lisez pas dix de suite) mais le temps que le plaisir dure, on entre dans l’univers des guerres napoléoniennes et on a ben du fun. Les personnages sont vieillots voire conservateurs mais restent attachants et les livres sentent le large. Ça vaut la peine.

8-Bjorn Larsson

C’est un faux roman historique basé sur un vrai roman d’aventure que le roman qui justifie la présence de Larsson dans ce top. Long John Silver est une réponse à l’Île au trésor de Stevenson. J’ai lu les deux consécutivement et c’est ce que je vous recommande de faire. L’expérience est hallucinante. L’écriture est lumineuse, enjouée, foncièrement humaine. Une relecture merveilleuse.

7-Umberto Eco

Bon, Eco. Un peu pêteux, disons. Culturé. Tu le lis avec l’impression que tu ne sais rien, qu’il est là pour te le rappeler, lui qui sait toutte. Ce qui est moins vrai pour Baudolino, son dernier roman. Reste que le Pendule de Foucault est un roman monstre, un trait de génie, et que le Nom de la Rose est un super thriller historique. Reste que ses essais comme la Guerre du Faux se lisent comme des romans et que finalement, ce type est très fort. Mais il fait chier quand même avec ses allusions érudites. Et puis avec Eco, Dan Brown peut aller se rhabiller.

6-Alexandre Dumas


Lui ne devrait pas être coté. A force de se faire raconter des histoires par Dumas, on finit par s’attacher plus à l’auteur qu’aux livres eux-mêmes. C’est le cas pour Dumas. Ou c’est mon cas à moi. Des Mohicans de Paris aux Mémoires d’un médecin, des Quarante-Cinq aux Trois Mousquetaires, je vous fais le pari, trouvez-moi un moment que vous passerez avec ce type à vous emmerder. En ce qui me concerne, Dumas est mon ami. Et si je reconnais ses défauts, j’en viens à les aimer.

jeudi, novembre 16, 2006

Cercle polar II

Revenons aux choses importantes... Les cinq grands gagnants sont (roulement de tambour.)... L'enveloppe:
5- Henning Mankell
Écrivain suédois magistral qui aurait pu se retrouver en quatrième et même en troisième position si l'ordre des traductions n'était pas si chaotique (Mankell est devenu populaire à l'extérieur de son pays quelque part entre son cinquième et son huitième roman, ce qui fait qu'on ne sait jamais lorsque sort un de ses bouquins où il se situe...), son inspecteur baby boomer qui s'interroge sur sa propre vie et sur l'état de la Suède au fil de ses enquêtes est un des personnages les plus attachants et réels que la littérature policière nous ait offert. Les tâtonnements d'une enquête, les faussses pistes, les réunions, nous sommes ici vraiment dans ce que les Anglais appellent le "police procedural" et on en redemande. Brillant, humain, efficace. De courtes phrases donnent une tristesse à la forme. On la ressent.
4- Michael Connelly
Harry Bosch. Troisième écrivain de Los Angeles de ce top 10 après Chandler et Crais, Connelly a créé un des personnages les plus trippants de la littérature policière. Si quelques uns de ses romans sont moins bons, on attend toujours avec impatience la joie de retrouver Harry Bosch. De loin, le type le plus cool du genre. A lire. Parallèlelement, le Poète, un roman où ne figure pas Bosch est un polar comme les polars doivent être écrits. Et puis, on sent son admiration pour Ellroy...
3- Ian Rankin
John Rebus. Après Bosch, il y a Rebus. Ian Rankin a les forces de Connelly et de Mankell réunis, c'est-à-dire la capacité de créer des personnages réels et attachants de Connelly et la capacité de dépeindre une société avec ses enjeux, ses choix, son avenir comme Mankell le fait pour la Suède. Rankin est Écossais et l'Écosse est un des personnages les plus importants et imposants de son oeuvre, à l'exception de ses premiers romans qui nous font découvrir Rebus. Rankin est un grand.
2- Dennis Lehane
Lehane se sert de deux détectives, Kenzie et Gennaro, qu'on a peu vu d'ailleurs au cours des dernières années. Personnages particulièrement efficaces encore une fois, comme tous ceux des autres écrivains de cette liste, les détectives de Lehane sontBostoniens et l'action se situe dans l'ensemble au Massachussetts. Bien écrit, humain, les romans de Lehane se dévorent littéralement. Il a écrit deux romans "stand alone" Shutter Island et Mystic River qui sont aussi tous deux exceptionnels. Ce type a de l'avenir, les potes.
1- James Ellroy
Le roi fou. Le sanguinolent et sadique, le maître de la noirceur de l'âme. Ellroy. Les romans de James Ellroy relèvent peu du policier; ils sont un voyage dans la laideur de l'être, dans la douleur, dans tout ce qu'elle a de grand et de vil. Ellroy est un grand écrivain qu'il faut lire, question d'explorer la souffrance. Des livres comme "Le grand nulle part", "Un tueur sur la route" et "Le daliah noir", pour n'en nommer que quelques uns, vous transforment littéralement. Obligatoire.

mardi, novembre 14, 2006

Cercle polar

Un top 10 d'auteurs policiers à lire. (10 à 6)

Pourquoi n'y a-t-il pas de femmes dans ce top 10 ? Euh... répondrai-je.

Ce qu'il faut lire de polars.

10-Raymond Chandler



Le lire en français traduit par Boris Vian. Son Philip Marlowe est l'archétype même du détective privé cynique. Avec Dashell Hammet, Chandler a créé le polar tel qu'il s'écrit encore aujourd'hui. Mordants, vieillots, un peu puckés, les romans de Chandler ont vécu et au-delà des intrigues, des personnages amers qui modèleront les héros et les méchants à venir.
9- Robert Crais
On se fout un peu de Robert Crais. Celui qu'on aime, c'est Elvis Cole et son pote Joe Pike, un dur, ce Joe. Ce qu'on aime de cet auteur, c'est l'humour qui arrive juste avant la tension, ce qu'on aime de cet écrivain de la Côte Ouest, encore!, c'est des intrigues ficelées pas tirées par les cheveux... Sinon très rarement et qui nous touchent directement. Un écrivain sous-estimé qu'on découvre avec plaisir. A goûter.
8- James Lee Burke
Il y a quelque chose de droite, un relent républicain, dans James Lee Burke. Son Dave Robichaux, alcoolique abstinent, peut énerver un peu. Il s'occupe de sa fille, il est sans compromis, nettement moins drôle qu'Elvis Cole. Et pourtant, on en lit un puis deux deux puis dix. Et ce type devient réel, tangible... C'est comme ces connaissances qu'on a qui nous tape mais qu'on a malgré nous le besoin de voir de temps en temps. De loin, celui que j'aime le moins mais parmi ceux dont je peux le moins me passer. Comme du fast food intelligent.
7- Caleb Carr
Ah! L'aliéniste et, dans une moindre mesure, L'Ange des ténèbres. Dans le New York de la fin du XIXe siècle, un médecin et son improbable équipe enquêtent sur des meurtres particulièrement écoeurants. Mais bon, on s'en fout. Ce qui nous intéresse, c'est l'univers, le dépaysement, la faculté de Carr à nous faire voyager dans le temps. Bien écrit, dans mon cas, du moins, bien traduit, ces deux romans ont été un plaisir égalé seulement par la frustration suscitée par l'absence de suites. Il nous en faut pourtant un autre!
6-David Peace
Écrivain britannique, auteur de la série allant de 1974 à 1983, David Peace a une noirceur macabre, une lourdeur, une souffrance... Putain, c'est pas rose... On ne rigole pas avec ce mec et personne ne s'en sort vivant ou à peu près. Il y a ces écrivains qui inventent des vies, Peace inventent des morts. C'est lourd, c'est brillant. Ce type ne peut être comparé qu'à Ellroy. Appelé à monter dans mon top 10 au fil des ans, s'il continue comme ça.
De la volatilité des "Top 10" et autres compils.
"Ton top 10 des meilleurs groupes métal ? De même, vite, vite." qu'il dit, mon chum.
"Vite, vite... C'pas facile, attends une minute. Euh... Y a Maiden, Sabbath... Laisse moi réfléchir." Et comme de fait, me voilà, angoissant à l'idée d'omettre bien malgré moi, ce groupe génial qui a marqué ces années florissantes de découvertes par-dessus découvertes. Et j'hésite, vous comprendrez. Parce que les Top 10 et autres compils, c'est vachement variable.
Règlons tout de suite une question, si vous voulez qu'on s'entende ici. Et si on ne s'entend pas là-dessus, je vous inviterai à foutre le camp et à ne plus revenir. Ouste, du vent...
Tsé, ces phrases: "A chacun ses goûts" ou "Des goûts et des couleurs, on ne discute pas."
Ces phrases qui signifient que tout se vaut, on s'entend un moment donné que c'est de la bullshit. On s'entend que ce n'est que vaines tentatives de justifier qu'il y en a là, dehors, qui trippent sur des affaires poches.

Tout ça pour dire en gros que je ferai au fil des jours, des semaines ou des mois, selon que ça me tente ou pas, de joyeuses compilations de mes trucs préférés. On pourra -et je souhaite qu'on le fasse- remettre en question des choix boiteux, s'il y en a.

Bref, ces tops 10, tops 5 ou tops 25 sont des photographies de goûts qui s'inscrivent dans le temps et deviennent obsolètes très rapidement.

Volatiles comme l'oie sauvage dans le ciel gris d'automne. Je dis ça parce qu'il pleut, là, tout de suite.

vendredi, novembre 10, 2006

Comme un mot de bienvenue
Certes, d'emblée et puisqu'il le faut, je reconnais que ceci n'est pas un événement... un avènement, tout au plus, et minimal de surcroit, mais bon! me voilà.
Et c'est toujours ça de gagné.
Le désormais accessible rouquin, c'est moi. Le roux qui cale à vrai dire.
Ce blogue, mon blogue à moi, le blogue auquel je pourrai bientôt faire référence en disant: "comme je disais sur mon blogue" ou "je crois que j'en parlerai sur mon blogue", apparaît magiquement sur la toile.
Toile anarchique où traînent pêle-mêle, images de vedettes toute nues, pensées géniales de l'humanité, recettes d'osso bucco et pools de hockey, toile qu'on voudrait contrôler mais qu'on ne contrôle pas, cafouillis, ramassis et salmigondis, toile délirante. Toile à laquelle moi, mouche rousse, vient d'être prise.
Bienvenue chez nous. Dans mes goûts roux.
Dans mes trips de musique, mes colères franchement saines contre la bêtise humaine -dont vous comprendrez, je suis exclus, ouf!-, dans mon univers de rigolade et d'humour glacé et sophistiqué, dans mes profondes réflexions qui caressent la révélation mystique. Dans mes critiques pertinentes offrant une perspective rafraichissante sur le cinéma, la télévision, la musique, les livres et les jeux vidéos. Dans mes pamphlets incendiaires contre l'insensibilité néolibérale et la froideur du mercantilisme ô combien déplorable pour notre société qui a plus que jamais besoin d'amour... Putain, faut qu'on s'aime!
Bref, de l'action en perspective. Me reste juste à écrire.
Le Vilain rouquin.