Hier, j’ai perdu à jamais quelqu’un que j’adorais : ma petite fille de neuf ans. Et ce matin, au lever, est apparue celle de dix ans. Je ne l’ai pas rencontrée encore. Mais je me demande bien comment elle pourra faire pour accoter la petite Milou de neuf ans qui ne reviendra plus.
Quand on est grand, les anniversaires sont des jours qui se suivent de plus en plus rapidement et qui disent peu sur nous. A 30 ans comme à 40, on est à peu près la même personne mais quand on est petit, c’est tout autre chose.
Ma Milou de 3 ans n’existe plus, elle a fait place à un autre enfant qui, à son tour, a pris la place d’un troisième. Et ainsi de suite.
Chacun d’eux m’a donné des jours de délice, de joie, de fierté.
Milou de neuf ans, c’est mon idole. Et Dieu que j’en ai connu des gens bien, mais Milou, elle est dans une classe à part. Le fait de la connaître me rend fier. Elle a pris tout ce qu’il y a de bien en moi et l’a monté d’un cran, elle est meilleure que moi. Milou, putain! Ma princesse, elle est trop.
Mon Pou, il vous le dira.
Et ce sens de l’humour, et cette tendresse, et cette bonté.
Il y a dans les légendes du Roi Arthur l’histoire d’un chevalier (j’hésite entre Perceval et Lancelot) qui aurait vu le Graal mais ne s’en serait pas rendu compte et serait reparti.
Ceux qui passent près de Milou doivent prendre leur temps : il faut la regarder, l’écouter, attendre qu’elle se dévoile.
Et puis l’illumination Milou.
Milou, c’était mon idole. Elle avait neuf ans mais là, elle en a dix et le défi incroyable d’être aussi bien qu’elle ne l’était. J’ai pas de doute.
Quand le Pou et Milou sont ensemble, une équipe, rien ne peut les arrêter.
Ca me dit que l’humanité a des chances, qu’il y a peut-être un sens à tout cela.
Et ça me dit que la beauté existe.











